Le temps, un grand agenda mondial

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Considérer un moment comme pouvant être meilleur qu’un autre n’aboutit à rien, puisque ce qui a été ne peut être changé. Souhaiter que les choses soient meilleures en ce moment, c’est placer son attention sur les aspects négatifs du moment et c’est se laisser embarquer par le flux incessant de la vie. En nous laissant guider par nos réactions de manière inconsciente et automatique nous ne pensons pas à leurs conséquences. En réagissant plus doucement aux événements nous pourrions alléger la balade de la vie et élargir notre vision de la situation.

Notre époque moderne est caractérisée par sa constante accélération vers de nouveaux défis et sommets, avec ses incessantes sollicitations de toutes natures et ce faisant, le « temps libre » semble être une denrée rare. A tel point que lorsqu’il se présente à nos portes, nous sommes pris au dépourvu et cherchons frénétiquement à remplir la lucarne entrouverte. Jusqu’où pourront nous supporter une agitation contraire au rythme de la nature où la période de jachère hivernale fait pendant à l’abondance estivale ?

Le temps semble nous enfermer dans une prison comme un ouroboros. Nous sommes enfermés depuis tellement longtemps dans les cycles temporels, que nous avons oublié comment nous en sommes devenus prisonniers.

La prison du temps ressemble aux cases d’un agenda où l’on place tous nos engagements : travail, déjeuner, rendez-vous, repos, sport, sorties, etc. On passe de cellule en cellule dans la grande prison du temps constituée par les cases de l’agenda.

Et lorsque ce n’est pas notre agenda qui nous enferme, c’est celui de notre entreprise, de notre patron, de notre collègue, de l’école de nos enfants et ainsi de suite. D’autres cellules de la prison sont plus grandes néanmoins elles continuent de nous enfermer : la société, un pays, le monde.

Tous ces agendas se superposent, se croisent et coïncident pour modeler le temps d’une société, d’une civilisation, d’une époque.

Lorsque l’on arrive à la fin d’une époque on rentre dans un nouveau cycle qui forme à son tour les cycles successifs de l’humanité.

On peut remonter les couches temporelles qui se superposent les unes aux autres jusqu’aux limites des connaissances actuelles. Mais finalement on se confronte toujours à la même question : qu’est ce qu’il y avait avant le temps zéro ? Avant que le temps existe est ce qu’il y avait déjà du temps? On entre dans le questionnement de l’éternité.

Pour récapituler nous avons : l’éternité, le temps de notre univers, de notre galaxie, de notre planète, puis de chaque continent, pays, ville, famille, personne, etc. qui s’enchevêtrent les uns avec les autres pour constituer la grille temporelle de notre agenda.

Nous pouvons construire la grille de l’agenda selon le calendrier solaire, lunaire, grégorien, maya, etc. et répertorier ainsi toutes les manières de concevoir la suite d’évènements qui se succèdent depuis la nuit des temps jusqu’à l’aube de chaque nouvelle civilisation humaine.

Film Time Out du réalisateur Andrew Niccol

Chaque matin nous nous réveillons en acceptant que l’horloge de notre réveil nous dicte la durée de notre temps de sommeil, puis que l’horaire du métro établisse notre temps de déplacement parce que nous avons aussi accepté que l’horaire de travail nous dicte notre rythme de vie puis que la pause déjeuner contrôle nos besoins physiologiques. Ensuite nos amis nous imposent leurs limitent temporelles que nous acceptons naturellement parce qu’il sont nos amis. D’ailleurs nous partons avec certains d’entre eux en vacances, c’est à dire pendant un temps libre et délimité dans sa durée, que nous nous empressons de soumettre à un loisir.

À chaque nouvelle case temporelle nous payons de notre temps. Si nous perdons du temps dans une case de notre agenda, nous essayons d’en gagner dans la suivante. Si nous gagnons du temps dans plusieurs cases de notre agenda nous nous empressons de le dépenser dans d’autres cases. Nos compteurs de temps reviennent tous les jours à zéro et nous repartons de nouveau avec 1440 minutes à dépenser dans les cases de notre prison temporelle.

Notre seule et unique liberté consiste à choisir à qui nous donnons du temps. Notre libre arbitre nous permet uniquement de choisir à qui nous allons soumettre notre temps mais il ne nous permet pas de nous en extraire.


Nous pouvons faire deux choses avec le temps. Apprendre à jouer avec lui, c’est à dire maîtriser les cycles d’accélération et de ralentissement du temps pour échapper à la dualité temporelle de gain ou de perte de temps. Puis après avoir appris à maîtriser le temps nous pouvons choisir le maître du temps auprès duquel nous souhaitons nous mettre au service.

Notre liberté de conscience ne peut en aucun cas et sous aucune forme laisser autrui nous imposer le choix d’un maître temporel. Ainsi nous devons choisir délibérément de nous astreindre à un horaire dicté par le temps de manière ponctuelle et en conscience afin d’être en mesure de conserver notre liberté de choisir de renoncer lorsque cela est nécessaire.

Dans sa vie quotidienne, l’homme est responsable quant au choix qu’il fait de son temps. Qu’il croit ou non en l’existence d’un ordre et principe supérieur, il connaît instinctivement le caractère sacré de la vie, qui ne peut être sans le respect des conditions nécessaires qui y président. Par l’observation de la nature nous pouvons constater que tout repose sur des cycles alternatifs et complémentaires, le constant linéaire à sens unique n’existant pas. Nous possédons dans cette relation naturelle à la vie d’une jauge : notre conscience intérieure. Lorsque nous en sommes coupé, nous sommes alors inexorablement aspiré par l’extérieur qui nous enferme dans le tourbillon de la grande prison temporelle. Il est nécessaire de choisir continuellement à qui nous vouons notre temps ; « On ne peut pas servir Dieu et Mammon ».

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