Ana se redressa d’un bond dans la pénombre de sa chambre. Elle avait sursauté à l’écoute de violents coups à la porte.
Celle-ci était entrouverte comme d’habitude. Son coeur battait comme les basses d’une discothèque.
5h30. Un lundi matin, la rue était silencieusement sourde.
Elle s’enfonça sous la couette et laissa ses yeux se refermer sous une chaleur lourde.
Le silence régnait sur tout l’immeuble. Dans une heure son réveil allait sonner.
Les coups retentirent à nouveau. D’où provenaient-t-ils ? Le rythme des battements s’accélérerait et son lit tournoyait comme la tasse d’un manège. Elle ne pouvait l’arrêter. Le réveil sonna.
6h30. Comment était-ce possible ? Avait-elle dormi ?

Ana rassembla ses pensées tournoyant dans son esprit. Elle regrettait d’avoir laissé partir son copain. L’envie de le rejoindre était apparue, même si cela impliquait de quitter son travail pour le rejoindre dans son voyage autour du monde.
Les coups à la porte recommencèrent. Non, cela provenait de son cou, sa poitrine, son coeur. Elle alla chercher un courant d’air frais à la fenêtre.
Ana se leva pour ouvrir la fenêtre de la chambre. En laissant la fraîcheur remplir les poumons elle ne songea qu’à se fondre sous sa couette jusqu’à oublier cette nuit d’insomnie.
7h30. Déjà ?

Assise sur la table de la cuisine, une tasse de café entre ses mains nonchalantes et les pieds sur une chaise, l’arôme du café fumait doucement au travers des rayons du soleil qui commençaient à effleurer la matinée ensommeillée. La nuit avait été inlassablement longue, sans sommeil réparateur. Elle souhaitait pouvoir choisir de dormir aussi longtemps que l’insouciance lui permettrait, puis savourer un frugal petit déjeuner après avoir laissé couler l’eau chaude de la douche indéfiniment par delà chaque centimètre de sa peau assoiffée de chaleur.
La journée précédente semblait se dilater éternellement dans sa mémoire. Au lointain, sa vie semblait battre à un rythme effréné se rapprochant de plus en plus bruyamment.
Vivre à son rythme semblait inaccessible. Maîtriser son rythme, devenait son obsession.
Mais par où commencer au milieu de toute cette agitation ?

On a tous besoin de temps. Pourtant chaque jour passe et nous sentons un décalage s’installer entre nos rêves et la réalité.
Cela devient compliqué de faire passer ses valeurs avant les exigences de son entourages, toujours insistantes.
La confrontation entre les valeurs personnelles et extérieures va créer une dissonance cognitive, génératrice de stress, anxiété, sentiment d’insécurité et d’instabilité.
Qui veut vivre comme ça au long terme ?
Nous pouvons apprendre à jouer avec notre capacité d’attention et apprendre à maitriser l’art de l’accélération du temps pour vivre la vie de manière plus reposante. Par exemple de petits rituels pourront créer des refuges temporels pour avoir des moments de paix : boissons chaude (5mn), musique (3mn), respiration profonde (5mn), auto-massage (1mn), marche active (5mn).

