Pourquoi l’école étouffe encore la créativité : décryptage avec Ken Robinson
Pourquoi les meilleurs systèmes éducatifs ne forment-ils pas les esprits les plus créatifs ? Pourquoi ceux qui brillent sur le papier s’épuisent parfois à créer autre chose que des copies conformes ? Dans un monde où chaque innovation est vitale, il est paradoxal de continuer à former nos enfants… comme si l’on formatait des employés pour les usines.
“Je me souviens d’une scène : un enfant debout au fond d’une pièce, incapable de rester assis. Il n’avait pas de trouble, disait le médecin. Il avait un langage : le mouvement. Ce n’était pas un problème à résoudre, c’était une vocation à révéler.” Ken Robinson
Les neurosciences nous rappellent que la créativité ne se “rajoute” pas au programme. Elle est dans l’architecture même du cerveau. Elle surgit lorsque les idées se croisent, lorsque l’émotion s’invite, lorsque le corps pense avec l’esprit. Sans cela, nous formons des têtes bien pleines… coupées de leur génie vivant.
Alors peut-être qu’en tant que formateur, le défi n’est pas de tout contrôler. Mais de créer des espaces qui libèrent. Des cadres assez solides pour sécuriser, assez souples pour révéler. Et parfois, il faut une alliance extérieure pour bâtir un tel espace. Un souffle qui réoriente, une vision qui clarifie, une aide qui transforme.
Neurosciences : la créativité n’est pas un supplément d’âme, c’est une compétence
Tu te souviens de ce que tu voulais être, toi, quand tu étais petit ? Pas ce que tu disais pour faire rire les adultes. Ce que tu ressentais vraiment, dans ton ventre, dans ton souffle, dans tes jeux. Ce rêve qui n’avait rien de stratégique, mais tout de vital.
Un jour, sans trop qu’on s’en rende compte, on nous a appris à baisser le volume. À devenir « réalistes ». À faire quelque chose « de sérieux ». Petit à petit, le rêve s’est fait silencieux. Mais le silence ne veut pas dire qu’il a disparu. Il dort juste dans une pièce fermée à clé. Et parfois, il tape à la porte.
Les neurosciences le confirment : la croyance qu’un futur est possible active les mêmes circuits que ceux qui nous poussent à agir. Un peu d’illusion ? Peut-être. Mais les esprits qui créent des choses grandes ne sont pas ceux qui doutent à chaque pas. Ce sont ceux qui osent croire avant de pouvoir prouver.
Alors peut-être que le vrai courage, aujourd’hui, ce n’est pas de viser la réussite. C’est de réapprendre à rêver comme quand on était gosse. Et parfois, pour ça, il faut un regard extérieur. Quelqu’un qui rallume la lumière dans la pièce verrouillée.
Compliments, efforts, erreurs : les malentendus pédagogiques à déconstruire
Avez-vous déjà remarqué qu’un simple « Bravo, tu es intelligent » peut faire plus de mal que de bien ? Que certains compliments, pourtant sincères, figent plus qu’ils n’élèvent ? C’est un paradoxe du quotidien pédagogique : vouloir encourager… et sans le vouloir, poser un plafond invisible.
Je me souviens d’un enfant que je félicitais pour chaque réussite. Il me souriait, il brillait. Jusqu’au jour où, face à un exercice plus difficile, il a reculé. Pas par paresse. Par peur. Il ne voulait plus décevoir l’image que je lui avais renvoyée. Je l’avais, malgré moi, enfermé dans un costume trop étroit.
Les études de Carol Dweck le confirment : complimenter l’intelligence peut inhiber le courage. Tandis que valoriser l’effort, la stratégie, le chemin parcouru… développe l’auto-efficacité, la résilience, la motivation profonde. Le cerveau, stimulé par cette reconnaissance contextualisée, entre dans une dynamique d’apprentissage durable.
Mais encore faut-il savoir comment le faire. Car féliciter avec justesse, ça ne s’improvise pas. Cela demande un cadre, des repères, une pédagogie subtile. Parfois, pour transformer un compliment en levier de croissance, il faut plus qu’une bonne intention : il faut une structure. Une main discrète qui aide à nommer, affiner, incarner cette bienveillance stratégique qui élève.
Tu es peut-être toi aussi passé par là : une école où l’on apprenait à cocher les bonnes cases, à ne pas dépasser la marge, à chercher la réponse attendue plutôt que la bonne question. Et le plus étonnant, c’est qu’on y brillait souvent. Sur le papier. Jusqu’au jour où, dans ta vie pro, il a fallu créer quelque chose. Une vision, un projet, une solution. Et soudain, plus de cadre. Plus d’attendu. Juste toi, face au vide. Alors tu t’es demandé : pourquoi est-ce si dur de créer, d’imaginer, de sortir du cadre… quand on a toujours été le meilleur à l’intérieur du cadre ?
2 leviers pour créer un cadre qui libère l’innovation sans perdre la rigueur
Ken Robinson en parlait déjà : nous n’avons pas désappris à être créatifs. On nous a entraînés à ne pas l’être. À confondre erreur et échec. À voir l’originalité comme une prise de risque, pas comme une valeur. Et pourtant, les neurosciences sont formelles : la créativité n’est pas un supplément d’âme. Elle est une compétence cognitive. Elle repose sur l’interconnexion des idées, l’activation sensorielle, la projection symbolique, la capacité à tolérer l’incertitude.
Alors peut-être que ton prochain saut de performance ne viendra pas d’un nouveau logiciel, d’une nouvelle méthode… mais d’un nouvel espace. Un espace où tu peux penser autrement. Essayer. Échouer. Recommencer. Inventer. Et si cet espace ne se trouve pas dans ton quotidien actuel, peut-être faut-il le construire. Ou le rejoindre. Avec quelqu’un qui sait comment poser les bonnes fondations.
L’erreur stratégique des formateurs brillants : faire cavalier seul
Et si tu ne construisais pas ta boîte, ton activité ou ta croissance… pour toi ? Mais pour quelqu’un. Quelqu’un qui n’est peut-être pas encore là, mais que tu espères déjà accueillir.
Je me suis longtemps demandé à quoi servait tout ce que je bâtissais. Le temps, les efforts, les idées. Et un matin, dans un carnet, j’ai griffonné une phrase étrange : « Je veux construire un hôtel pour m’y reposer avec elle. » C’était absurde. C’était vrai. Ce que je voulais créer, c’était un lieu habitable. Pour elle, pour moi, pour ceux qui viendraient chercher du sens dans la beauté, pas dans la performance sèche.
Les neurosciences le confirment : un projet durable n’est pas seulement structuré autour de KPI. Il active le cerveau émotionnel, il engage le système limbique, il donne du sens, donc de la persistance. On ne tient pas dix ans avec des tableaux Excel. Mais avec une vision incarnée, oui.
Alors si tu ressens ce décalage – entre la hauteur de ce que tu veux bâtir et le quotidien de ce que tu vis – peut-être qu’il est temps. Temps de te poser. De tout repenser. De bâtir ton prochain étage non pas pour monter… mais pour mieux accueillir.
Et toi, c’est quoi l’endroit que tu veux construire pour y aimer durablement ?
Et si vous construisiez votre activité comme un espace pour transmettre… et aimer ?
Tu as peut-être déjà ressenti ce paradoxe : tu maîtrises ton contenu, tu crois en ta pédagogie… mais tu avances avec la sensation de freiner à main nue. Chaque mois, ton programme dort à moitié. Pas par manque de qualité. Par manque d’espace pour respirer, se déployer, toucher les bonnes personnes au bon moment.
Je me souviens d’un formateur brillant, qui avait tout : expertise, plateforme, process. Tout… sauf l’oxygène. Chaque matin, il relançait ses pubs, bricolait ses tunnels, jonglait avec les taux de clic comme un funambule mal réveillé. Le soir, il parlait d’alignement. Le jour, il étouffait sous la technique.
Les neurosciences sont claires : notre cerveau n’est pas fait pour être simultanément architecte, ouvrier, commercial, et chef de chantier. L’énergie décisionnelle s’épuise. L’attention se disperse. La créativité s’efface. Ce qui devrait être un terrain de jeu devient un terrain miné.
Et si, au lieu d’essayer de tout tenir, tu choisissais de t’appuyer ? De créer un espace où ta pédagogie serait portée, non pas par plus d’efforts, mais par une structure pensée pour la croissance ? Une structure où ton rôle, ce serait de créer. D’orienter. Pas de t’épuiser.
Tu n’as pas besoin d’un nouveau hack. Tu as besoin d’un vrai cadre. Celui qui rend ta vision rentable sans la diluer.
Tu sais le plus frustrant ? Ce n’est pas de manquer d’idées. C’est d’avoir une formation puissante… et la laisser s’endormir dans un coin d’internet. Pas à cause de la qualité, non. Mais parce qu’à force de tout vouloir tenir — les ads, les stats, la technique — tu t’es transformé en usine à tâches. Et ce n’est pas pour ça que tu as choisi ce métier.
Je me souviens d’un formateur brillant, le genre de type qui parle et ça résonne. Mais chaque semaine, il se noyait dans les dashboards. Le soir, il rêvait de transmission. Le jour, il rafraîchissait ses taux de conversion. Il avait les briques, mais pas l’ossature. Et sans ossature, on construit un château… qui penche.
Les neurosciences nous rappellent que la charge cognitive constante coupe l’accès aux fonctions profondes : la créativité, l’alignement, la stratégie long terme. Sans respiration, l’excellence devient agitation.
Alors voilà. Durant le mois prochain, je veux aider 3 organismes de formation à structurer leur formation pour qu’elles n’aient plus à choisir entre impact et rentabilité.
Juste une question : est-ce que ton programme mérite mieux qu’un effort en solo ?
